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Mardi 26 novembre s’est tenue au Palais des Congrès de Grasse la 3è édition de la conférence internationale organisée par le Pôle Terralia-Pass « De la Fleur aux Parfums », sur le thème Intelligence Artificielle, Big Data et Nouvelles Technologies. Une journée riche et intense, qui a proposé à ses 120 participants une véritable plongée au cœur du sujet, pour mieux appréhender, à travers de présentations d’exemples et d’échanges, les impacts de ces technologies sur l’industrie de la parfumerie.


Avec pas moins de 15 présentations couvrant l’ensemble du spectre, de la gestion de la culture des plantes à parfums à l’aide de modélisation mathématiques et d’utilisation d’outils technologiques contre les bio-agresseurs (Greenshield, ITEIPMAI, Crieppam), aux perspectives offertes par le Big Data dans l’adéquation entre les attentes des consommateurs et la sélection, voire la création de parfums (Perfumist), les participants étaient visiblement nombreux à s’être déplacés pour échanger en particulier sur les questions d’Intelligence Artificielle, ses applications et ses dérivés, pour ne pas dire ses dérives possibles.

Que ce soit pour l’analyse sensorielle et émotionnelle liée aux odeurs et à leur décryptage, à travers les explications de Sébastien Fiorucci et Jérôme Golebiowski de l’Institut de Chimie de l’Université de Nice, ou les présentations de MM. Juving-Brunet (Sniffy), Régeard (Inhalio) et Livache (Aryballe Technologies) sur le développement de nouveaux outils à destination des consommateurs comme des professionnels, la conférence a mis en évidence l’évolution récente d’une industrie des parfums et arômes qui commence une mutation vers sa seconde révolution industrielle, après la chimie de synthèse, avec notamment l’arrivée du big data et de l’intelligence artificielle pour élargir sa palette créative et installer durablement le parfum au cœur de nos vies quotidiennes — en voiture, à la maison, dans les hôtels, les centres commerciaux, voire les transports publics… — pour des identités olfactives minutieusement élaborées en fonction tant du profil du consommateur que du prescripteur, à des fins aussi bien marketing que commerciales.

Les possibilités créatives étant pratiquement illimitées, il est aussi ressorti des échanges que l’intérêt premier de ces technologies réside dans l’aide à l’élaboration et à la création de parfums, pour accélérer le processus en prenant en compte les acquis et les expériences (tant de l’homme que la machine), sans chercher à remplacer l’humain. La présentation par Symrise de sa collaboration avec IBM Research et le développement de l’Intelligence Artificielle Phylira pour la création du premier parfum formulé par une I.A. pour la société brésilienne O Boticario, a clairement mis en avant cette notion de complémentarité de compétences, et apaisé les craintes, perçues à travers les questions de l’assistance, sur la perte de liberté créative des parfumeurs face à un « matching » utilisateur / parfum résultant de la simple analyse de données. Il a d’ailleurs été rappelé, fort à propos, que nombre de grands succès de parfumerie fine avaient été le résultat d’une approche expérimentale, voire parfois de formulations accidentelles, et que, comme dans toute activité artistique, la création – pour être effectivement créative – ne saurait se reposer uniquement sur des algorithmes. C’est en tout cas le message qu’a fait passer Mme Marielle Belin (la marque et la manière), les intervenants de la table ronde de fin de journée abondant dans ce sens: Mme Laurence Vanin, philosophe et directrice de la chaire Smart City, insistant particulièrement sur le risque de perte de liberté individuelle si même l’imagination créative devait être laissée aux intelligences artificielles.

Enfin, la conférence a également mis en lumière l’apport des nouvelles technologies pour l’optimisation de procédés de production intégrant encore plus les préoccupations environnementales et de sécurité sanitaire des consommateurs, en particulier en ce qui concerne les problématiques de traçabilité des ingrédients, où la recherche ADN peut avoir son rôle à jouer — comme en ont témoigné Nicole Giraud (DNA Gensee) et Sophie Lavoine (Charabot) — mais aussi la substitution de solvants dangereux grâce aux formulations inverse assistée par ordinateur de l’équipe de Mme Ivonne Rodriguez-Donis. Les intervenants ont cependant admis aussi que ces solutions, bien que fiables et applicables dès maintenant, restent généralement onéreuses et ont encore du mal à trouver leur place dans un secteur de production qui est, malgré tout son développement, du domaine du marché de niche en comparaison des grands secteurs de l’agro-alimentaire.

Ce bémol n’a cependant pas empêché M. Jérôme Viaud, maire de Grasse et Président de la Communauté d’Agglomération du Pays de Grasse, de partager avec les participants sa vision de l’avenir et du développement de la production de plantes à parfums sur le bassin, qu’il entend continuer d’être une priorité — citant par exemple le transfert d’une surface de 70 hectares de terrains constructibles en zone de production. Avec l’inscription des savoirs-faire de la parfumerie du bassin grassois au patrimoine mondial de l’UNESCO, il est ainsi essentiel non seulement de préserver la tradition, mais de continuer à innover et développer un secteur d’activité pour lequel la région est un acteur mondial sur l’intégralité de la chaîne de valeur, de la production et la transformation des ingrédients aux produits finis.

L’équipe d’organisation du Pôle Terralia-Pass profite également de cette occasion pour remercier vivement l’ensemble des participants pour leur présence et de la pertinence de leurs questions, ainsi que les partenaires de l’événement : Fragonard, Albert Vieille, Dachser, Gazignaire, le Musée International de la Parfumerie et la ville de Grasse. Un grand merci également à M. Philippe Massé, Président de Prodarom pour son concours dans la préparation de cette édition, et à M. Alain Joncheray, Directeur Technique d’Azur Fragrances, qui a non seulement ouvert la journée par une intervention remarquable et a également animé les débats, en particulier lors de la table ronde finale.

Pour celles et ceux qui n’auraient pas pu assister à la conférence, le programme détaillé et les résumés des présentations, avec les contacts des intervenants, peut être téléchargé ICI. Pour plus d’informations vous pouvez également contacter Philippe Claud:

 

  

Alain Joncheray – Azur Fragrances

 

Jérôme Viaud, Maire de Grasse 

 

Une ambiance studieuse 

 

Bert Candaele – Crieppam 

  

François G. Feugier – Greenshield

  

Un public attentif aux

explications de Philippe Gallois

– iteipmai

  

Sébastien Fiorucci –

Institut de Chimie de Nice – 

décryptant les odeurs

  

Sophie Lavoine – Charabot

  

Tests en direct !

 

Nicole Giraud – DNA Gensee 

 

Ivonne Rodriguez-Adonis –

Laboratoire de Chimie AgroIndustrielle 

  

Denis Poncelet – EncapProcess

  

Thierry Livache –

Aryballe Technologies

 

Le buffet déjeunatoire a permis

aux participants d’échanger

en toute convivialité. 

  

Dans la salle de réception

du Palais des Congrès –

pour une pause déjeuner

savoureuse et décontractée.

  

Les petits plats

dans les grands…

 

Philippe Massé

présentant Ricardo Omori,

SVP Parfumerie Fine,

& Suzy le Helley, Parfumeur

– Symrise. 

 

Ricardo Omori – Symrise 

  

Suzy le Helley – Symrise

  

Marielle Belin – la marque et la manière

 

Alexandre Juving-Brunet – Sniffy 

 

Démonstration d’utilisation

d’IA d’analyse émotionnelle

en direct par M. Juving-Brunet

– Sniffy 

 

Jérôme Golebiowski – 

Institut de Chimie de Nice
 

    

Yvan Régeard – Exhalia 

 

Frederik Besson – Perfumist

  

Alain Joncheray –

Azur Fragrance –

lors de la table ronde.

 

Des discussions passionnées

lors de la table ronde de fin de journée. 

 

Xavier Fernandez,

Frédéric Badie et

Laurence Vanin lors de la table ronde. 

 

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